Sep 03

Pour une politique fiscale écologique et sociale!

Le 15 juin dernier je publiais un billet intitulé « La fiscalité écologique ne doit pas être la pompe à finances de Sarkozy ». Je le concluais ainsi « une fiscalité qui soit écologique et sociale, une fiscalité qui ne cherche pas à trouver là, de nouveaux moyens financiers pour l’Etat, une fiscalité qui soit Européenne. C’est à ces conditions que la fiscalité écologique sera acceptée dans l’opinion ! ». Je ne boude pas mon plaisir aujourd’hui !

Je dois dire que les récentes déclarations du Premier Ministre confortent encore plus, les prises de position de Ségolène Royal et de Martine Aubry, lorsqu’il dit : «Pour les entreprises, [la taxe] sera compensée par une suppression de la part de la taxe professionnelle qui porte sur les investissements. Les ménages, quant à eux, bénéficieront d'une diminution de la fiscalité sur le travail, soit par l'impôt sur le revenu, soit par une baisse des cotisations sociales". "Pour nos concitoyens les plus défavorisés, des inactifs et des habitants des territoires ruraux, nous étudions en outre des mesures financières d'accompagnement. Il est hors de question(c'est nouveau!) d'appliquer uniformément ce dispositif à des Français qui ont le choix et à d'autres qui ne l'ont pas.».

On sait ainsi que cette taxe sera mise en œuvre, comment elle sera compensée pour les entreprises,mais le reste est à l’étude !!! Qu’en est il pour ceux qui ne paient pas d’impôt sur le revenu ? Pour les retraités ? Comment repérer fiscalement ceux qui n’ont pas d’autre moyen de transport que la voiture pour aller travailler ? ou qui sont locataires et ne peuvent changer leur moyen de chauffage ?

Le risque est réel avec cette démarche de provoquer un rejet des nécessaires pratiques nouvelles en matière environnementale chez bon nombre de nos concitoyens !

Et puis cet engagement particulier est un beau cadeau pour l’électricité, et donc le nucléaire déjà trop important dans notre consommation énergétique en France !

Oui la gauche doit travailler sur une fiscalité écologique et redistributive, mais"De quel droit un gouvernement va-t-il assommer d'impôts des familles alors qu'elles n'auront même pas le libre choix de rouler propre ?", comme le dit fort justement Ségolène Royal, qu’on ne peut pas suspecter d’être en retrait sur les enjeux écologiques.

N’oublions pas dans le même temps, que le bouclier fiscal demeure, que les bonus sont toujours aussi vivants, et la pauvreté des engagements pour une « nouvelle économie verte » dans le plan de relance !

Téléchargement LETTRE DE SEGOLENE ROYAL A L'ADRESSE DE NICOLAS HULOT

Pour la première fois, L’Usine à GES publie le bilan carbone des entreprises du CAC 40. L’an passé, les « 40 carbonics » ont émis plus de 730 millions de tonnes d’équivalentCO2 (Mtéq CO2), soit 1,5 fois le volume de toutes les émissions hexagonales. Excusez du peu. Certes, lesdits groupes sont multinationaux et leurs usines établies dans bien des pays du monde. Mais, et c’est tout le problème des gaz à effet de serre, peu importeleur lieu d’émission : leur effet sur le climat est le même partout.Téléchargement Lettre de l'usine à GES  Pages 4et 5 : le CAC carbone 2009 et Pages 7 et 8 : un dossier complet sur la taxe carbone

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(1 commentaire)

  1. Contrairement à ce qui est dit, Ségolène Royal a toujours posé des conditions à la Taxe Carbone.
    Voici un extrait de la lettre de Ségolène Royal à Nicolas Hulot datée du 5 janvier 2007 :
    « Une taxe carbone qui s’appliquerait à tous les combustibles fossiles, si j’en ai bien compris la logique, ne me semble pas la meilleure solution dans le contexte énergétique français marqué par une surproduction et une surconsommation d’électricité. Cette taxe risque de favoriser la consommation d’électricité et donne un avantage comparatif indu à la production électronucléaire. Surtout, son caractère indifférencié la rend socialement injuste et difficile à supporter pour les catégories les plus défavorisées de la population auxquelles les responsables politiques doivent garantir l’accès aux énergies et aux technologies propres.
    Plutôt que de mettre en exergue la taxe carbone, je propose, puisque c’est l’objectif qui compte, de mettre en place une politique énergétique ambitieuse fondée sur les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et la promotion des solutions renouvelables diversifiées et décentralisées. J’intègrerai la transformation du secteur des transports dans cette politique énergétique. La fiscalité – dissuasive et incitative – sera un instrument de cette politique . »

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