Sep 15

Nouvelles Élections législatives ce dimanche, en Grèce

imagesCA1IZAVE Conséquence de la démission du Premier ministre grec Alexis Tsipras le 20 août, après avoir déclaré « Le mandat que j’ai reçu le 25 janvier a atteint ses limites. Je ressens le besoin moral et la responsabilité politique de soumettre à votre jugement ce que j’ai réalisé, les réussites comme les erreurs »,  les Grecs sont appelés aux urnes le 20 septembre rappelle une note de la Fondation Schuman.

 Ils vont  renouveler les 300 membres de la Vouli, chambre unique du parlement. Ce scrutin sera le cinquième en six ans dans le pays et le 3e pour la seule année 2015.

Tout l’enjeu de ce scrutin, compte tenu de la scission du parti au pouvoir et la création d’un nouveau parti l’Unité populaire, est de savoir si Alexis Tsipras obtiendra la majorité.

Il a demandé à ses compatriotes de voter lors d’élections législatives anticipées pour lui signifier si l’accord obtenu par le gouvernement en juillet dernier avec les créanciers de la Grèce « permet de surmonter les impasses actuelles et de conduire à la reprise » d’une part et « de désigner qui peut mener des réformes nécessaires au pays » d’autre part.

Seuls  118 des 162 députés de la majorité gouvernementale, alliant SYRIZA et le Parti des Grecs indépendants (ANEL), ont approuvé l’accord  . Après la perte de sa majorité, le Premier ministre a donc choisi de convoquer des élections législatives anticipées.

La Constitution grecque qui prévoit que si des élections législatives sont organisées moins de 18 mois après les précédentes, les électeurs se prononcent sur des listes fermées composées par les partis et ne peuvent donc exprimer un choix parmi les candidats. Cette mesure permet à Alexis Tsipras de constituer des listes plus « centristes » que celles présentées par SYRIZA en janvier dernier et de se débarrasser des éléments les plus extrêmes de son parti.

imagesCAFTNYO0Le texte du 13 juillet accorde à la Grèce un nouveau plan d’aide de 86 milliards € sur 3 ans, le 3e après ceux de 2010 et 2012 d’un montant total de 240 milliards €, en échange de réformes structurelles et de nouvelles mesures d’austérité plus sévères que celles

initialement envisagées, comme la hausse de la TVA, la baisse du minimum retraite de 450 à 382 € mensuels (celui-ci ne pourra être perçu qu’à partir de 67 ans), la libéralisation de plusieurs marchés et la création d’ici à mars 2016 d’un fonds de privatisation contrôlé par les créanciers internationaux pour dégager 50 milliards € de recettes.

De nombreux analystes économiques s’interrogent sur l’efficacité des mesures demandées à la Grèce. Le plan d’aide ne comprend aucun allégement de la dette publique, qui atteint 177% du PIB et dont la soutenabilité reste un point essentiel.

Après  7 mois à la tête du gouvernement, Alexis Tsipras reste populaire : sa cote de popularité s’établit à 61% selon un sondage réalisé en juillet. Il incarne toujours une rupture par rapport à l’ancienne classe politique fortement rejetée par la population, et n’a aucun challenger crédible.

Le 21 août, 25 membres de SYRIZA ont fait sécession et fondé l’Unité populaire, qui pourrait empêcher  SYRIZA  d’obtenir la majorité . L’ancien ministre des Finances (janvier-juillet), Yanis Varoufakis, et la présidente du parlement, Zoé Konstantopoulou, figurent parmi les opposants à Alexis Tsipras. Le premier, auquel beaucoup reprochent son inaction durant les 6 mois qu’il a passés au ministère, assure qu’il est entré en politique pour y rester.

Le Parlement (Vouli Ton Ellinon) est monocaméral et compte 300 membres, élus pour 4 ans au sein de 56 circonscriptions au scrutin proportionnel, appelé proportionnelle renforcée. Les électeurs votent pour une liste au sein de laquelle ils peuvent exprimer leurs préférences mais pas dans  cette nouvelle élection. 51 circonscriptions désignent 288 députés ; les 12 députés restants, appelés députés nationaux car ils représentent l’ensemble de la Grèce – une position honorifique –, sont désignés à partir des résultats de chacun des partis politiques à l’échelon national. Le parti arrivé en tête bénéficie d’un bonus de 50 sièges. Le vote est obligatoire en Grèce jusqu’à l’âge de 70 ans. L’abstention est officiellement condamnée mais sans  que ce soit appliqué.

7 partis politiques sont actuellement représentés au parlement :

– La Coalition de la gauche radicale (SYRIZA), parti d’extrême gauche né en 2004 et issu du rassemblement de l’ancien parti Synaspismos et de plusieurs organisations de gauche radicale de militants communistes et écologistes. Dirigée par Alexis Tsipras, elle possède 149 députés ;

– La Nouvelle démocratie (ND) fondée en 1974 par l’ancien président de la République (1980-1995) et ancien Premier ministre (1955-1963 et 1974- 1980), Constantin Caramanlis. Dirigée par Vangelis Meimarakis, elle compte 76 sièges ;

– Aube dorée (XA), parti d’extrême droite, possède 17 députés ;

– To Potami (La rivière), parti centriste qui  compte 17 sièges ;

– Le Parti communiste (KKE), fondé en 1918, possède 15 députés ;

– Le Parti des Grecs indépendants (ANEL), droite populiste, créé le 24 février 2012 , Membre du gouvernement sortant,possède 13 députés ;

– Le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK), parti créé en 1974 par l’ancien Premier ministre  Andreas Papandreou,  , compte 13 sièges.

Selon un sondage publié le 29 août  et  effectué par l’institut Metron Analysis, l’écart entre les deux adversaires n’est que d’un point, 22,2% pour Syriza et 21,2% pour la ND. Les néonazis d’Aube dorée, arrivent en troisième position avec 6,5%. Mais la troisième place pourrait être obtenue par le Parti com­muniste KKE (6%) ou par To Potami (6%). Le Pasok n’obtient que 4,1% à 4,5%. Les Grecs indépendants Anel, parti qui s’était allié avec Syriza pour permettre à ce dernier de former un gouvernement en janvier, n’arrive pas à obtenir le plafond obligatoire de 3% pour entrer au Parlement. En revanche les dissidents du Syriza, parti L’Unité populaire, est crédité entre 3,1 et 5%. Les indécis sont encore environ 20%

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