Avr 18

oui à un choix progressiste pour l’Europe !

A l’heure de la rupture fondamentale défendue par Marine Le Pen, de la cassure sociale annoncée par François Fillon, du rapport de force brutal, largement inutile et sans doute inefficace promis par Jean-Luc Mélenchon et de la Quatrième République institutionnelle espérée en Europe par Benoît Hamon, où se trouve réellement la chance d’une nouvelle voie française ? Pour notre part, nous soutenons clairement l’espoir d’une majorité europrogressiste en faisant le choix d’Emmanuel Macron dès le premier tour de cette élection présidentielle.

« Sauvons l’Europe » qui une association qui se bat pour un engagement pro-européen et progressiste en faveur d’une Europe démocratique et solidaire explique ainsi  son soutien, qui est aussi le mien, à Emmanuel Macron. La question  européenne sera bien le fil directeur du prochain quinquennat. L’Europe sera bien le sujet central de toute future coalition majoritaire.

« 20 ans après le renoncement de Jacques Delors faute d’un espace politique cohérent et organisé, une voie europrogressiste est aujourd’hui possible en France. Nous assistons à la disparition des deux grandes coalitions politiques ayant fédéré une majorité de Français depuis 1958. A gauche, la refondation d’Epinay a permis pendant 40 ans la cohabitation, dans une même coalition de gouvernement, de révolutionnaires et de réformistes pragmatiques. À droite, le destin d’un homme, puis le poids du vote communiste, avait fondé un alliage entre hommes d’autorité, gaullistes sociaux, et libéraux. Nous voyons aujourd’hui mourir sur la berge du nouveau siècle ces deux grandes vagues. La fracture entre frondeurs et soutiens du Gouvernement est si profonde qu’elle n’a pu se résorber, et l’affrontement entre Alain Juppé et François Fillon montre désormais deux droites irréconciliables.

La démocratie française s’est déjà par deux fois renouvelée depuis la Seconde Guerre mondiale, en 1958 et 1981, dans de bruyants procès d’intentions. On nous promit un pronunciamiento en 1958, on nous annonça les chars soviétiques sur les Champs-Élysées en 1981. Aujourd’hui l’absence dans le discours d’Emmanuel Macron des vieux « talismans » de la doxa politique éveille aussitôt la crainte du « vide »…

A ceux qui répètent inlassablement qu’une future majorité d’Emmanuel Macron relève de l’impossible, rappelons cette réalité d’aujourd’hui. Souvenons-nous aussi de ce que la coalition électorale de mai 1981 avait d’hétéroclite, sans parler des diverses maisons du gaullisme. Au-delà du choix d’une personne, l’expérience récente démontre que la réussite d’un quinquennat dépend de son assise centrale dans la société française. En réalité, comme pour 1958 ou 1981, le choix de 2017 sera le choix d’une nouvelle coalition pour de nouveaux défis.

Parmi ceux-ci, le défi générationnel. La génération Y, née entre 1980 et 2000, entre dans l’âge adulte. « Génération d’après », elle a surtout connu le délitement de nos solidarités et le déclassement des classes moyennes. Politiquement, elle hérite du « Yalta générationnel » thatchérien qui impose la flexi-précarité ainsi que les dettes financières et écologiques pour les juniors, et le patrimoine pour les seniors. La France a dans ce domaine une responsabilité particulière, pour être le plus grand pays européen des moins de 20 ans. A elle de l’assumer, en scellant un nouveau partage du risque et des bénéfices entre les générations au cœur de tout nouvel accord européen.

Car l’Europe est bien le sujet central de toute future coalition majoritaire, qui traverse, en filigrane, l’entier débat de cette étrange élection présidentielle. Il semble à écouter les candidats que la construction européenne soit devenue une chaîne abominable qui cadenasse les portes de l’espérance française. Que le peuple français l’arrache, et dans la liberté retrouvée tous les rêves seront permis !

Mais la France n’est pas une île. Dès 1943, Jean Monnet et Charles de Gaulle échangent sur cette réalité indépassable : « Anglais, Américains et Russes ont des mondes à eux dans lesquelles il peuvent se retirer provisoirement. La France est liée à L’Europe, elle ne peut s’en évader ». Nulle nation ne peut déménager ses frontières et l’Europe est d’abord un projet de conservation collective de notre souveraineté. Ce n’est pas par pure utopie mais bien parce que nous avions perdu sur les marchés le contrôle de notre monnaie que nous avons créé l’euro. Il n’y a pas d’autre dictature européenne que la sédimentation d’une succession de règles voulues et négociées par nos élus nationaux pour surmonter ensemble les problèmes du jour.

Or, Emmanuel Macron est bien le seul à prendre acte de nos responsabilités en tant que membre de la maisonnée européenne, sans peindre en marâtre Thénardier une Allemagne qui a déjà dû en rabattre beaucoup sur le contrôle budgétaire et la politique monétaire, ni se défiler à l’heure de l’accueil des réfugiés. Oui, nous assumons pleinement le destin européen de la France, sans fermer les yeux sur les difficultés ni les déceptions. Ainsi, la Commission européenne présidée par Manuel Barroso fut un échec retentissant, avec la complicité des gouvernements membres. Elle n’a pas su protéger les Européens d’un triple choc : Choc économique avec l’accélération sans précédent d’une mondialisation industrielle et financière qui menace la perception des valeurs du travail et de la solidarité. Choc technologique avec la révolution numérique qui tire les marges, profits et données hors d’Europe. Choc démographique et migratoire avec le vieillissement de la population européenne et le repli sur soi, qui ont fait de la Méditerranée un lieu, non de réconciliation, mais de reniement des droits et des valeurs.

A l’heure de la rupture fondamentale défendue par Marine Le Pen, de la cassure sociale annoncée par François Fillon, du rapport de force brutal, largement inutile et sans doute inefficace promis par Jean-Luc Mélenchon et de la Quatrième République institutionnelle espérée en Europe par Benoît Hamon, où se trouve réellement la chance d’une nouvelle voie française ? Pour notre part, nous soutenons clairement l’espoir d’une majorité europrogressiste en faisant le choix d’Emmanuel Macron dès le premier tour de cette élection présidentielle. »

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