Août 11

Il y a aussi de bonnes nouvelles dans le monde !

Dans un récent article pour Télos, Jérôme Perrier veut à l’heure de la globalisation « parler aussi des trains qui arrivent à l’heure ». Partant des deux livres que sont Non, ce n’était pas mieux avant de Johan Norberg (Plon, 2016), et Le monde va beaucoup mieux que vous ne le croyez de Jacques Lecomte (Les Arènes, 2017), il nous livre quelques chiffres qui dressent un tableau d’ensemble infiniment plus rassurant que les lamentations outrées de nos atrabilaires Cassandres hexagonaux – qui ont compris de longue date que leur audience était directement indexée sur la noirceur de leur trait. Ces quelques statistiques récentes mettent spectaculairement à mal l’idée reçue selon laquelle le monde irait de mal en pis, même s’il reste encore bien des progrès à accomplir !

  • Entre 1990 et 2015 le taux d’extrême pauvreté dans les pays en voie de développement est passé de 47% à 14%.
  • Le pourcentage de la population mondiale souffrant de sous-alimentation est passé de 19% en 1991 à 11% en 2015.
  • Le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition dans le monde est passé de 39,6% en 1990 à 23,2% en 2015.
  • Le taux d’analphabétisme dans le monde est passé de 60% environ en 1950 à 14% aujourd’hui.
  • Le taux de mortalité infantile dans le monde est passé de 120‰ en 1960 à 60‰ en 1990 et 30‰ en 2010.
  • La couche d’ozone devrait avoir retrouvé son niveau initial en 2050 puisque les produits contribuant à sa destruction ont quasiment disparu, alors qu’ils représentaient 2 millions de tonnes par an à la fin des années 1980.
  • La déforestation en Amazonie a chuté de 80% entre 2004 et 2012.
  • Entre 2010 et 2014, l’énergie solaire a été multipliée par cinquante dans le monde et l’énergie éolienne par huit.
  • Depuis 1973, la proportion de pays « libres » est passée de 29 à 46%, alors que celle des « non libres » est passée de 46 à 26%.
  • Les discriminations raciales et sexuelles (à l’égard des femmes ou des homosexuels) reculent à un rythme accéléré – même si les disparités géographiques restent considérables en la matière.
  • En France, 147 personnes ont trouvé la mort en 2015 dans des attentats, mais ces chiffres macabres peuvent être « comparés » aux 3616 morts par accidents de la route (25 fois plus) ; 10 à 11 000 morts par suicides (environ 70 fois plus) ; 73 000 morts dus au tabac (soit 500 fois plus), etc.
  • Entre 1994 et 2013, en région parisienne, le taux d’homicide a diminué de 65%.

Trois raisons majeures pour l’auteur, semblent devoir expliquer ce décalage flagrant entre la réalité des chiffres et la représentation que s’en font nos contemporains. La première explication tient à un trait propre à tous les cerveaux humains. En effet, parmi les nombreux biais cognitifs universels qui affectent nos représentations, figure en bonne place la part disproportionnée attribuée aux trains qui déraillent par rapport à ceux qui arrivent à l’heure

La deuxième explication concerne plus particulièrement les intellectuels, et notamment les intellectuels français. En effet, les progrès spectaculaires mentionnés plus haut à l’aide de quelques chiffres datent pour la plupart des trente dernières années (ou à tout le moins se sont accélérés durant cette période), et par conséquent ils sont largement imputables à la mondialisation dite « libérale » , ce qui est évidemment très difficile à admettre pour nos esprits hexagonaux, plus prompts à vilipender le « néolibéralisme sauvage » .

La dernière explication concerne cette fois les hommes politiques. En effet, quel que soit le pays et l’époque, ceux-ci ont tout naturellement intérêt à noircir le tableau qu’ils offrent de la réalité. Faire peur est leur raison d’être, leur assurance-vie, car trop d’optimisme pourrait inciter les électeurs à vouloir davantage de liberté et à aspirer à une forme de « laissez-faire ». Dès lors, ils seraient les seuls capables de « protéger » la société de la mondialisation sauvage et des ravages de la dérégulation financière. Ainsi, il pourrait bien y avoir un lien très étroit entre la centralité ancestrale de l’État français et notre incapacité présente à concevoir la globalisation sur un autre mode que celui de la menace et du déclin.

« Il n’y a ainsi rien d’étonnant, conclut-il, à ce que dans moult enquêtes internationales, les Français soient encore plus pessimistes que les Afghans » pour ne prendre qu’eux !

 

 

 

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