Jan 10

Une élection présidentielle tchèque incertaine dans une région Europe fortement tentée par le populisme

Les 12 et 13 janvier prochains, 8,3 millions de Tchèques sont appelés aux urnes pour désigner leur président de la République pour un 1er tour et le seront les 26 et 27 janvier pour un éventuel 2eme tour.

Rappelons que la République Tchèque fait partie du groupe de Visegrád avec la Hongrie, la Pologne,  et la Slovaquie .

L’élection présidentielle tchèque a lieu exactement trois mois après le scrutin législatif, qui a vu la victoire du parti ANO (Oui), dirigé par Andrej Babis, qui a recueilli 29,64% des suffrages et remporté 78 des 200 sièges de la Chambre des députés, et que nous avions évoqué ici .

Andrej Babis a été nommé au poste de Premier ministre le 6 décembre dernier par le président de la République sortant Milos Zeman (Parti des droits des citoyens, SPOZ) afin de pouvoir participer au Conseil européen les 14 et 15 décembre à Bruxelles. Le dirigeant d’ANO a formé son gouvernement le 13 décembre. Il compte 14 ministres, tous membres d’ANO. Le chef du gouvernement dispose désormais d’un mois pour obtenir la confiance des députés. Le chef de l’Etat Milos Zeman a toutefois promis à Andrej Babis de lui accorder une seconde chance de former un gouvernement dans le cas où il échouerait à recueillir une majorité de voix à la Chambre des députés.

Le président de la République tchèque est élu au suffrage universel direct depuis le 1er octobre 2012.
Le chef de l’Etat représente la République tchèque à l’étranger. Il négocie et ratifie les traités internationaux et il est le chef des forces armées. Il dispose du pouvoir de renvoyer une loi adoptée devant le parlement, à l’exception des lois constitutionnelles. Le président de la République nomme les juges de la Cour constitutionnelle, son président et ses vice-présidents et les membres du conseil bancaire de la Banque centrale tchèque.

9 personnes sont officiellement candidates à cette élection présidentielle selon une note de la fondation Schuman
– Milos Zeman (Parti des droits des citoyens, SPOZ), 73 ans, président de la République sortant et ancien Premier ministre (1998-2002). Il a obtenu 113 000 signatures d’électeurs ;
– Jiri Drahos (indépendant), ancien président de l’Académie des sciences, soutenu par l’Union chrétienne-démocrate-Parti du peuple (KDU-CSL), parti centriste emmené par Pavel Belobradek, et Maires et indépendants (STAN), parti dirigé par Petr Gazdik. Il a recueilli 142 000 signatures d’électeurs ;
– Michal Horacek (indépendant), entrepreneur, auteur, compositeur, journaliste et producteur de musique. Il a obtenu 86 000 signatures d’électeurs ;
– Mirek Topolanek (indépendant), soutenu par le Parti démocrate civique (ODS), ancien Premier ministre (2006-2009) et homme d’affaires. Il a obtenu le parrainage de 10 sénateurs ;
– Vratislav Kukhanec (indépendant), ancien directeur de Skoda auto. Il a recueilli le soutien de 23 députés ;
– Jiri Hynek (indépendant), président de l’Association pour les armes et la défense de l’industrie tchèque, a obtenu le parrainage de 22 députés ;
– Pavel Fischer (indépendant), directeur de l’institut d’opinion STEM, ancien ambassadeur de la République tchèque en France (2003-2010). Il a recueilli le soutien de 17 sénateurs ;
– Marek Hilser (indépendant), médecin et activiste civique. Il a obtenu le parrainage de 11 sénateurs ;
– Petr Hannig, président de Rozumi (Parti du bon sens), chanteur, compositeur et producteur de musique. Il a recueilli le soutien de 20 députés.

Aucun parti ne présente son propre candidat en raison de la méfiance qu’il suscite chez les électeurs qui préfèrent se prononcer pour une personnalité indépendante.

Le président de la République sortant Milos Zeman a annoncé en effet, qu’il souhaitait concourir pour un 2e mandat à la tête de la République tchèque. Il fait campagne avec le slogan Zeman znovu (Zeman encore une fois).   Ses problèmes de santé pourraient cependant compliquer sa campagne électorale et compromettre son éventuelle réélection.

Il a reçu  le soutien de son parti, le SPO, et celui — implicite — du parti Liberté et démocratie directe (SPD), classé à l’extrême droite de l’échiquier politique[ ]. Plusieurs dirigeants du Parti communiste soutiennent également sa candidature.

Jiri Drahos et Michal Horacek apparaissent comme les deux principaux challengers du président sortant.

Selon le dernier sondage cité par la Fondation, ,Milos Zeman arriverait en tête du 1er tour de scrutin , avec 33% des suffrages ; Jiri Drahos en recueillerait 22%, Michal Horacek 16% et Pavel Fischer, 5%. Les 5 autres candidats recueilleraient chacun moins de 5% des voix.

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