Sep 10

Il faut former des dentistes et plus de médecins, dans notre Région

À force de ne pas augmenter le nombre de médecins formés depuis des années, les conditions de soin de la Région connaissent de vraies difficultés et les déserts médicaux s’étendent : allongement des délais de rendez vous, difficultés pour les ivg, médecine du travail des collectivités en berne, urgence surchargée (les passages dans les urgences ont doublé en 20 ans : 10,1 millions en 1996 pour 21 millions en 2016) , remplacements difficiles….)

On peut certes répéter comme on le fait depuis 15 ans qu’il faut 10 ans pour former un médecin, si on ne décide pas maintenant ce sera encore pire dans 10 ans.

121 généralistes pour 100.000 habitants en Normandie contre 130,9 en France. 352 médecins en 2016 en Normandie contre 421 en France. Entre 2010 et 2017, la densité médicale, toutes spécialités, est passée en Normandie de 338,6 à 330,8 pour 100.000 habitants

Bien sûr on met des palliatifs en place pour faire face à l’urgence croissante :

  • IPA (Infirmières de Pratiques Avancées): les médecins peuvent regretter ce qui apparaît à certains comme une formation au rabais mais ils ne peuvent alors défendre le maintien du numerus actuel
  • On accueille de plus en plus de médecins formés à l’étranger privant ainsi ces pays de médecins formés ; A Bucarest, il existe une faculté de médecine pour les Français ; En Belgique, les Français deviennent majoritaires dans certaines formations dentaires
  • Chacun s’organise avec l’absence de remplaçants pendant les congés, mais la question  devient cruciale

Les conséquences à long terme sont claires : augmentation du cout des soins (Sur un marché quand on bloque les quantités, la rareté augmente le prix !!), difficultés accrues de soins pour les plus petits revenus, baisse de la prévention ….

Ce sont d’autant plus des palliatifs que les besoins augmentent :

  • Le Vieillissement de la population est devant nous
  • Les Médecins veulent travailler dans de meilleures conditions (horaires, vacances, temps partiel, …) : pour 5 médecins qui partent à la retraite il en faut plus de 6 pour le même service
  • Les Maladies sont mieux diagnostiquées et nécessitent un suivi plus important
  • La Prévention est accrue

On forme  aujourd’hui  moins de médecins qu’il y a. 40 ans (cf. Graphique joint). En 1972, date de mise en place du Numérus clausus, on formait 8588 médecins ; on est tombé à 3500 en 1993 ; en 2018, on en forme 8205, moins qu’en 1972 !!

En 1993 on formait 800 dentistes et on forme 1203 en 2018 : mais sur ces 400 supplémentaires aucun en Normandie, alors que 33 étudiants à l’issue de la première année de médecine (PACES) réussie doivent quitter notre région pour Reims ou Lille essentiellement !

A Rouen, le numerus clausus est resté stable depuis 2016 alors qu’il augmentait de 572 places au plan national

 A l’évidence, la formation des médecins doit être réformée dans son contenu, mais aussi en raison de l’immense gâchis que constitue « l’échec » en 1ère année : Mais il faut aussi réexaminer le NOMBRE de médecins formés surtout dans les régions qui en manquent le plus ! j’entends déjà les « faux » arguments sur le fait qu’accroitre le nombre réduirait la qualité comme on l’a entendu lorsque le nombre d’ingénieurs formés dans les écoles a augmenté !

On ne peut pas continuer à gérer la pénurie : les maisons de santé, ou autres regroupements (la création de Pôles de Santé Libéraux Ambulatoires est une excellente initiative) sont nécessaires mais ils n’augmentent pas le nombre de médecins et ne peuvent créer à terme que des concurrences entre territoires et des tensions inutiles.

Tous ces constats ne sont pas contradictoires avec une réorganisation du système de soins (organisation des parcours, organisation dès lieu d’accueil d’urgence, télémédecine …) mais on ne peut oublier que le médecin ne répare pas des mécaniques et la présence humaine, la proximité font partie du processus de soin.

Les palliatifs ne combleront pas en plus les retards structurels de notre Région

Il faut mettre en place des solutions sur le long terme : faute d’imposer les lieux d’installation que la profession , dans sa majorité, refuse, comme cela a été fait pour les enseignants , il faut augmenter le nombre de jeunes formés DANS notre Région car chacun sait que lorsqu’un jeune part se former ailleurs , une petite proportion seulement revient s’installer  dans sa région d’origine ; il faut augmenter le nombre de stages hors de l’hôpital pour montrer aux jeunes la diversité des conditions d’exercice.

De même il faut sortir de cette anomalie Scandaleuse ou notre Région est la seule de France ou l’on ne forme aucun dentiste !

Les alternatives en région

Numérus clausus à Rouen

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