Sep 06

L’eau en Europe devient plus propre, mais des progrès restent encore nécessaires

Selon un rapport sur l’état de l’eau en Europe, publié par l’Agence européenne pour l’environnement, malgré les progrès réalisés au cours des dernières décennies dans l’amélioration de la qualité environnementale des nombreux lacs, rivières, eaux côtières et eaux souterraines en Europe, les Etats ne parviennent toujours pas à atteindre l’objectif minimum de « bon état » des masses d’eau fixé par l’Union européenne.

 Les efforts considérables pour améliorer la qualité de l’eau, en renforçant le traitement des eaux usées et en réduisant le ruissellement des polluants agricoles, les mesures pour rendre les obstacles franchissables par les poissons migrateurs et restaurer les écosystèmes aquatiques dégradés, restent insuffisants.

 40 % seulement des lacs, rivières, estuaires et eaux côtières surveillés ont atteint au minimum un « bon » ou « très bon » état écologique tel que prévu par la directive-cadre sur l’eau   de l’UE au cours de la période  2010 à 2015. La dernière évaluation de l’AEE en 2012 a révélé un niveau similaire de masses d’eau atteignant un « bon » ou « très bon » état écologique. L’évaluation de l’AEE a également porté sur l’état quantitatif et la surexploitation des eaux souterraines en Europe ainsi que sur l’état chimique global des masses d’eau.

Le rapport de l’AEE donne un bilan de santé actualisé de plus de 130 000 masses d’eau de surface et souterraines surveillées par les États membres de l’UE, sur la base des données recueillies et communiquées dans plus de 160 plans de gestion de district hydrographique .

Cette évaluation de l’état de l’eau en Europe est la deuxième publiée par l’AEE depuis 2012. Depuis lors, la connaissance des eaux européennes s’est considérablement développée, ce qui a permis de mieux comprendre leur état, les problèmes qui conduisent à ce qu’elles n’atteignent pas un  » bon état  » et les mesures mises en œuvre pour générer des améliorations.

Autres conclusions essentielles :

  • Par rapport aux eaux de surface, les sources d’eau souterraine ont généralement le meilleur état. Un bon état chimique a été atteint pour 74 % de la zone des eaux souterraines, tandis qu’un bon état quantitatif a été atteint pour 89 % de la zone.  la contamination des sites d’eau par les nitrates provenant des ruissellements agricoles, les intrusions salines et l’infiltration de produits chimiques dangereux provenant de sites contaminés (par exemple, de sites industriels, de zones minières ou de stockage de déchets) en sont les causes principales.
  • Le nord de la Scandinavie, le nord du Royaume-Uni (Écosse) et l’Estonie, ainsi que la Slovaquie, la Roumanie et plusieurs districts hydrographiques de la région méditerranéenne présentent une forte proportion de masses d’eau de surface en très bon ou bon état écologique. En revanche, de nombreux districts hydrographiques d’Europe centrale, où la densité de la population est plus élevée et l’agriculture plus intensive, présentent la plus forte proportion de masses d’eau n’atteignant pas un bon état écologique.
  • 38 % seulement des lacs, rivières et autres masses d’eau de surface surveillés sont en bon état chimique, les concentrations de polluants ne dépassant pas les normes de qualité environnementale de l’UE.
  • Dans la plupart des États membres, quelques substances sont responsables d’un état chimique médiocre, la plus courante étant le mercure. suivi par le cadmium, qui est utilisé dans les engrais phosphatés et dans la production métallurgique.
  • La directive-cadre sur l’eau et les PGDH ont considérablement amélioré la gestion de l’eau dans l’ensemble de l’UE. De nombreux États membres ont investi dans de meilleurs programmes de surveillance écologique et chimique, avec davantage de sites de surveillance, davantage d’éléments de qualité évalués et davantage de produits chimiques analysés. Cela a conduit à une disponibilité accrue des informations et à une bien meilleure compréhension de l’état et des pressions. La directive-cadre sur l’eau a également engendré un effort considérable de la part de tous les États membres de l’UE pour réduire les sources de pollution provenant de l’agriculture, de l’industrie et des ménages, et permettre un débit des cours d’eau plus naturel et l’élimination des obstacles à la migration des poissons, ce qui a entraîné des bénéfices pour la nature et une protection contre les inondations.

Le suivi et le rapportage sont les principaux outils utilisés pour classer la santé des eaux de l’UE. Les États membres de l’UE définissent l’état des eaux de surface sur une échelle allant de très bon, bon et moyen à médiocre et mauvais, et ils classent les eaux souterraines en deux catégories, bonnes ou médiocres. Le suivi a pour but de suivre l’efficacité des mesures visant à assainir les masses d’eau et à atteindre l’objectif de « bon état » de l’UE.

Les États membres de l’UE en sont actuellement à leur deuxième cycle de suivi et de rapportage (2015-2021) au titre de la directive-cadre sur l’eau de l’UE. Ce cycle comprend 89 000 rivières, 18 000 lacs, 13 000 sites d’eaux souterraines et 3 600 eaux côtières et estuariennes. Les rapportages de la Grèce, de l’Irlande, de la Lituanie et de certaines régions d’Espagne n’ont pas pu être inclus dans ce rapport.

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