Oct 22

A quelques mois du Brexit, une élection présidentielle en Irlande, sans surprise !

Les Irlandais sont convoqués aux urnes le 26 octobre pour élire leur président de la République.

La dernière enquête d’opinion donne le président de la République sortant Michael D Higgins, large vainqueur du scrutin avec 67% des suffrages tandis que Sean Gallagher prendrait la 2e place avec 15%, selon une note la Fondation Schuman

Pour la première fois depuis 1966, un président de la République sortant est contraint d’affronter des adversaires et ne sera donc pas réélu de façon automatique, sans combat électoral, comme cela a été le cas pour plusieurs de ses prédécesseurs. Michael D Higgins est soutenu par le Parti travailliste auquel il appartient, le Fine Gael du Taoiseach (Premier ministre en gaélique) Leo Varadkar et le Fianna Fail (FF).

De nombreux partis politiques de la République celtique ne souhaitent pas s’engager dans une campagne électorale onéreuse et ont choisi de ne pas présenter de candidats au scrutin présidentiel du 26 octobre.

Très populaire, le chef de l’Etat sortant a su accompagner ses compatriotes au cours des 7 dernières années qui ont été une période de grand changement pour l’Irlande (acceptation par référendum du mariage entre personnes du même sexe en 2015, et de la libéralisation de l’avortement, en 2018). En 2014, il a été le premier président de la République d’Irlande à effectuer une visite d’Etat au Royaume-Uni.

Michael D Higgins sera opposé à 5 candidats :

– Gavin Duffy, 58 ans, indépendant, originaire de Meath, businessman. Il a participé à Dragons’ Den (Le Repaire des dragons), émission de téléréalité de la chaîne de télévision RTE ;

– Peter Casey, 60 ans, indépendant, originaire de Derry, fondateur et directeur général de l’entreprise de recrutement mondial Claddagh Resources et connu également pour son rôle dans Dragons’ Den ;

– Joan Freeman, indépendante, originaire de Dublin, psychologue. Sénatrice, elle est la fondatrice de la Maison Pieta, organisme de prévention du suicide, en 2006 dont elle a assuré la direction jusqu’en 2014 ;

– Sean Gallagher, indépendant, originaire de Monaghan, businessman et candidat malheureux de la dernière élection présidentielle du 27 octobre 2011.

– Liadh Ni Riada, 51 ans, députée et candidate du Sinn Fein (SF), parti nationaliste de gauche radicale. Ancienne productrice de télévision, elle a été désignée le 16 septembre dernier par le Ard Comhairle (Haut Conseil du parti).

Le Sinn Fein affirme que participer à cette élection est bon pour le pays et pour la démocratie. Il va utiliser la campagne électorale pour mettre l’accent sur la nécessité de l’unification irlandaise et sur le rôle des femmes dans le débat national. « Il existe un appétit pour un changement politique et social dans le pays » a déclaré Mary Lou McDonald, dirigeante du parti.

Le président de la République d’Irlande est élu au scrutin dit de vote alternatif pour un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois.

Si le président de la République ne possède en Irlande qu’un pouvoir de représentation, il peut cependant renvoyer un projet de loi à la Cour suprême s’il le juge inconstitutionnel et refuser de dissoudre la Chambre des Représentants du Parlement.

En 2011, ou la participation avait été de 56%, Michael D Higgins avait obtenu 39,57% des voix, Sean Gallagher 28 ,0 % , et Martin McGuinness au titre du Sinnfein, 13, 72%

Les négociations sur le Brexit butent toujours sur la solution qui permettrait d’éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, afin de sauvegarder les Accords de paix de 1998. Au-delà de ces accords entre nationalistes et unionistes, il y a également une motivation purement économique pour l’île. Les Habitants et les entreprises des deux côtés insistent sur la nécessité de garder la frontière aussi invisible que possible. Pour le Huffpost : « un tiers des exportations nord-irlandaises vont en Irlande et quelque 30.000 personnes traversent chaque jour la zone« . Or sortir du marché unique, cela signifie la fin de la « liberté de circulation et de normes et droits de douanes communs » : « des contrôles sur cette frontière seraient de facto nécessaires« . Mais pour autant toute solution qui reviendrait à unifier de facto l’île d’Irlande, est inacceptable !

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