Mar 04

On manque de médecins ou de dentistes en région : on le disait déjà il y a 20 ans ! on continue ?

En mai 1998, il y a 20 ans (!), le journal Paris Normandie titrait « La Haute Normandie malade de médecins  » . Il écrivait en introduction: « Dans l’Eure comme en Seine Maritime il manque 20% de généralistes et de spécialistes »…..

Aujourd’hui il pourrait titrer de la même façon ; chacun sait combien pèsent les déserts médicaux dans les difficultés de notre territoire. Ce document est pour moi un vrai témoignage d’erreurs dans l’action publique à ne pas recommencer

Il est clair qu’il faut former dans notre région plus de médecins : certes on dira avec raison qu’il faut 8 à 10 ans pour que on en mesure les effets : si on avait pris ces décisions en 1998 on ne serait sans doute pas dans la situation où nous en sommes.

Et ne recommençons pas aujourd’hui ce même raisonnement: si accroitre le nombre de médecins formés dans notre région ne réglera pas dès demain les déserts médicaux , il nous permettra d’aborder les décennies à venir dans de meilleures conditions.

Aujourd’hui la suppression du numerus clausus devrait permettre de former dans les régions ou c’est nécessaire, plus de médecins (il y a tant de « reçus-collés », qui ont eu la moyenne à leurs épreuves mais ne peuvent continuer compte tenu du numérus clausus) : c’est incontestablement le cas dans notre région Normandie, même si quelques augmentations du numerus clausus ont eu lieu ces années passées.

Il faut que nous puissions obtenir de l’Etat, les enseignants chercheurs nécessaires à la faculté de médecine pour y parvenir.

La diversité des parcours de formation que nous devons construire, doit se traduire aussi dans la diversité des stages offerts aux jeunes en formation, pour élargir les stages au-delà de l’hôpital : les stages en EHPAD , en cabinet médical, par exemple pourraient sans doute , nous y aider

Dans le même ordre d’idée, en 2006, le contrat de plan Etat-région posait la question de la création d’un département dentaire pour enfin sortir de cette situation aberrante ou nous sommes, la seule région de France ou nous ne formons pas de dentistes . Cet engagement de l’Etat et de la région a été renouvelé en 2015.

Des avancées ont eu lieu avec la création de fauteuils dentaires à Rouen et au Havre pour accueillir des stagiaires de 5 et 6 même année : il faut maintenant former effectivement des dentistes en Région , de la 1 ère à la 6 été année , et ne pas se limiter à accueillir des stagiaires formés ailleurs

  • Faut-il rappeler qu’ en 1972, date de mise en place du Numérus clausus, on formait 8588 médecins ; on est tombé à 3500 en 1993 ; en 2018, on en forme 8205, moins qu’en 1972 !!
  • Faut-il rappeler qu’on formait 1.938 dentistes en 1972, on en forme 1.200 aujourd’hui et France !
  • Faut-il s’étonner dès lors que de plus en plus de nos médecins ou de nos dentistes soient formés à l’étranger

On peut mieux organiser l’offre de soins , on peut trouver des solutions transitoires , mais il serait illusoire de croire que, face à un meilleur suivi sanitaire, face au vieillissement , face à un meilleur suivi des maladies professionnelles, face à des besoins considérables en prévention… et face à des départs en retraite massifs des médecins ou face à des changements considérables dans les modes de travail des nouvelles générations de médecins, on pourrait échapper à une nécessaire augmentation du nombre de médecins formés

Le contrat de plan de 2007/2013 (point 1 de son « annexe santé »)

Le contrat de plan de 2015-2020 , page 46.

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