Juin 07

Pour mener le combat climatique, il faut de l’argent : créons une banque pour le climat

Entre 2021 et 2030, il sera nécessaire, selon un rapport de la cour des comptes européennes , d’investir chaque année 1 115 milliards d’euros dans les secteurs suivants pour atteindre les objectifs de l’Union à l’horizon 2030 :

  • 736 milliards d’euros dans le secteur des transports,
  • 282 milliards d’euros dans le secteur résidentiel et dans le secteur des services,
  • 78 milliards d’euros dans les réseaux, dans la production et dans les chaudières industrielles, 19 milliards d’euros dans l’industrie .

Où les trouver ? Une solution  existe : La création d’une banque européenne pour sauver le climat qui totaliserait jusqu’à 300 milliards d’euros par an.

Nul ne peut nier l’aggravation des phénomènes climatiques. Pour éviter le pire, il faudrait réduire par deux nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. L’ONU, demande à tripler nos investissements dans les énergies nouvelles si l’on veut rester en dessous de la barre fatidique des 2°C.

Impossible de mener la moindre politique climatique sans d’immenses financements. Comment financer les travaux d’amélioration de l’habitat pour combler les passoires énergétiques dans lesquels les gens vivent ? Comment arriver à la neutralité carbone sans investissements massifs ? Pour passer à l’action à grande échelle, celle que nécessite l’ampleur de la crise climatique, les petits gestes ne suffiront plus. Comme ne suffisent plus les mesures qui déchargent sur les populations la responsabilité et le poids des engagements.

Dans leur livre Finance, climat, réveillez-vous ! (Éditions Indigène), Anne Hessel, Jean Jouzel et Pierre Larrouturou  reviennent sur  ce chiffre.

On ne peut demander aux citoyens de financer cette somme. La moitié d’entre eux n’ont aucune épargne et bouclent difficilement leurs fins de mois. Compter uniquement sur la taxe carbone est voué à la résistance citoyenne qui a besoin de sa voiture pour se déplacer, et donc à l’échec.

Entre avril 2015 et fin décembre 2017, la Banque centrale européenne (BCE) a mis à disposition des banques plus de 2500 milliards d’euros. Soit 1000 milliards par an.

Objectif initial de cette création de monnaie hors norme : créer des investissements de long terme, utiles au bien commun et au développement économique. En réalité, où sont passés ces 2 500 milliards ? Selon Pierre Larrouturou, seulement 11 % de cette somme, soit 280 milliards d’euros, ont été alloués par les banques à des crédits d’investissement. Le reste, c’est-à-dire l’essentiel, est parti alimenter la spéculation sur les marchés financiers.

Le résultat, on le connaît aujourd’hui : un niveau de spéculation et un niveau d’endettement jamais vus. La dette mondiale a atteint cette année 164 000 milliards de dollars soit 225 % du PIB mondial ! Il y a trop d’argent injecté dans la sphère financière et peu dans la sphère économique ;

Pierre Larrouturou, l’un des auteurs du livre vient d’être nommé par le gouvernement Macron membre du tout nouveau Conseil pour le climat. Il y propose  un Pacte pour le climat. L’idée, supportée par des personnalités venues de tous bords, 180 députés et l’un des hauts responsables de la Banque européenne d’investissement (BEI), consiste à créer une Banque européenne du climat, en moins d’un an.

Cette banque, créée de toutes pièces, serait filiale à 100 % de la BEI. Chaque pays disposerait d’un droit de tirage c’est-à-dire d’une enveloppe correspondant à 2% de son PIB de financements à taux 0 pour la transition écologique. Et ce, chaque année pendant trente ans. La France ainsi disposerait chaque année de 45 milliards à taux 0 pour des investissements privés ou publics. Par ailleurs les investissements publics ainsi financés seraient sortis du calcul du déficit public (les 3 % de Maastricht). Pour Pierre Larrouturou, ce prêt serait complété de subventions européennes qui porterait le montant à environ 55 milliards d’euros : « ça change beaucoup de choses ». D’autant plus si le gouvernement oriente les banques et les assurances par des incitations vers les green-bonds, s’il modifie les règles du jeu des établissements financiers en instaurant des systèmes de bonus-malus.

Cette idée a rassemblé des centaines de personnalités qui se sont emparées de l’idée des initiateurs du projet, Jean Jouzel et Pierre Larrouturou, pour lancer concrètement le Pacte Finance-Climat. La création d’une « banque européenne du climat et de la biodiversité » (BECB) serait un des deux outils majeurs du projet de Pacte Finance-Climat : une première historique pour répondre conjointement à la crise du climat, au déficit d’emplois de qualité et à la perte de sens du projet européen.

Ce pacte comprend deux outils : la Banque européenne du climat et de la biodiversité et le Fonds européen climat et biodiversité. Ce projet de traité n’a d’autre vocation que de servir de support de négociations entre les États membres, à l’image du Pacte mondial pour l’environnement, proposé en 2017 par un think-tank français et qui est aujourd’hui en cours de négociation aux Nations Unies.

241 députés de tous bords (hors Rassemblement national) ont signé le projet, dont 55 % des représentants de la majorité présidentielle. S’y ajoutent des anciens ministres (Nicolas Hulot, Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault ou encore Alain Juppé), des climatologues (Hervé Le Treut, Robert Vautard), des chefs d’entreprise ou encore le président de la Confédération européenne des syndicats, Rudy De Leeuw

Dans des délais extraordinairement courts des dirigeants politiques ont été capables de courage et de volonté : Roosevelt et son New Deal, Kennedy et sa conquête spatiale, Schuman et Adenauer pour l’Europe. Et si les crises que nous traversons (économique, climatique, sociale, sociétale) étaient une chance ?

« De la Banque centrale à la Commission, toutes les institutions européennes doivent avoir le climat pour mandat…. Nous créerons une Banque du climat et orienterons l’épargne des Européens  vers la croissance verte » affirmaient dans leur programme les candidats de la liste « Renaissance » . Il faut maintenant agir !

Voir page 6 Programme Renaissance Élections européennes

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