Nov 24

Régionales : La Normandie on l’aime, les fusions , on les redoute !

wLaUYsK7PhDt2hcfenk640WAiWjYsYcQIIRzEtAtAQwOk5GGPZw8NMKk5QWw9iVI-fotolia-88973713-subscription-xxl-s-Le sondage récent sur les régionales  montre à l’évidence une certaine déconnexion dans l’opinion entre la Normandie et le processus de  fusion  des deux régions, processus dont peu d’habitants perçoivent  les conséquences.

La Normandie , tout le monde connaît et les normands sont fiers de s’en réclamer ; elle a une existence historique et une notoriété dans le monde ; La Normandie fait sens ! Quoi de plus normal dès lors que les électeurs  adhèrent , selon les sondages, plus positivement au nouveau découpage en Normandie, qu’ailleurs

Mais la campagne des régionales ne consiste pas seulement à vanter la Normandie c’est aussi aujourd’hui un processus de fusion dont les habitants mesurent mal encore ce qu’il signifie . D’où par exemple, les réserves ,  et les appréciations très contrastées, qui apparaissent dans ces mêmes sondages, quand on parle du choix de la capitale (Rouen) moins consensuel que dans les autres régions :Si Rouen est un choix qui satisfait 78% des Hauts-Normands, il ne satisfait que 15% des Bas-Normands qui auraient certainement marqué une préférence plus nette pour Caen

L’enjeu du prochain mandat c’est justement de réussir ce processus de fusion , d’en parler et pas seulement de surfer sur le mot Normandie: le silence sur les modalités ou les conséquences de la fusion est pesant! Les surprises viendront après !

Il ne faut pas cacher les difficultés qui vont apparaître, pour dire comment les surmonter, et ne pas mener une campagne à l’ancienne en proposant des actions (dépenses) nouvelles sans dire comment on les finance . L’élargissement d’une politique qui marche à l’autre région va déjà être coûteuse. La situation financière des finances publiques ne permet pas d’étendre systématiquement les politiques qui existent dans une région à l’autre région : la fusion ce n’est pas l’ajout des politiques mais leur recomposition : comment s’harmoniseront par exemple, les dotations des lycées, les bourses? Il y aura nécessairement des « plus » et des « moins » : qui l’explique? A force de ne pas dire la vérité avant , on risque de créer des désillusions après ! Le projet Normand ne peut être la somme des politiques  de Haute et Basse Normandie

Les  candidats sont bien flous sur organisation de la future collectivité : 2 sièges ?  quelles localisation des services ? Si tout ne peut être dit, le silence inquiète et  comme disait Martine Aubry  « Quand c’est flou, il y a un loup » !

On a justifié devant le parlement ,les fusions par des sources d’économie ; pour ma part je n’y crois pas ! Peut-on essayer de tenir sur cette question un discours de vérité ?

La collectivité  régionale doit garder un rôle stratégique et ne pas saupoudrer ses moyens ; il faut répondre à l’inquiétude que l’on ressent face à la grande région qui réduit la proximité : comment  y répondre de façon précise, sans retourner à une « cantonalisation » de la région qui réintroduirait le conseiller territorial.

La loi notre supprime la compétence générale des régions : il faudra bien expliquer l’impact sur les financements croisés , sur les politiques actuelles, et les contrats de territoire.

Les Programmes  européens  des deux régions sont très différents et, de façon paradoxale,  le resteront jusqu’en 2020. Il appartiendra à la nouvelle région de gérer ces deux Programmes  et surtout d’apporter les contreparties nécessaires sans pour autant créé des distorsions entre les acteurs ( entreprises, chercheurs, agriculteurs…) des deux territoires  de Haute et Basse Normandie.

Une campagne électorale c’est aussi fait pour expliquer ce que l’on veut faire, pas nécessairement pour multiplier les  promesses auxquelles nos concitoyens, conscients des contraintes financières,   croient de moins en moins !

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