Fév 01

Les Français et l’eau : une perception parfois loin des réalités

L’institut Harris Interactive publie les résultats d’une enquête commandée par Idéal connaissances et le syndicat professionnel Canalisateurs de France, sur la perception des réseaux d’eau potable par les Français.

Selon cette enquête, rapportée par l’AMF, les personnes interrogées estiment en moyenne dépenser 46 euros par mois pour leur consommation d’eau potable et d’assainissement (hors achat d’eau minérale). Les jeunes (18-24 ans) dépensent davantage (63 euros en moyenne), ainsi que les personnes logeant en maison individuelle.

L’enquête se penche ensuite sur la perception des consommateurs des canalisations d’eau qui desservent leur domicile : 70 % des personnes interrogées se disent « confiantes » quant à l’état des canalisations qui desservent leur domicile, et 29 % « inquiètes ou très inquiètes ».

Donnée intéressante – et logique : ce dernier chiffre est étroitement corrélé à la catégorie sociale et aux conditions de logement. La proportion de personnes « inquiètes » bondit à 43 % chez les personnes gagnant moins de 1000 € par mois, et 40 % chez les habitants de logements HLM.

L’institut a également demandé aux personnes interrogées, au bout de combien d’années, selon eux, il faut renouveler les canalisations d’eau potable pour assurer la qualité de l’eau. En moyenne, les personnes interrogées estiment que ce renouvellement doit avoir lieu tous les 24 ans, mais cette perception est corrélée à la perception de la qualité de ses propres canalisations : ceux qui s’estiment « inquiets » de l’état de leurs canalisations estiment, en toute logique, qu’il faut les renouveler plus souvent.

 Notons que ces estimations sont de toute façon très éloignées de la réalité puisque, peut-on lire sur le site des Canalisateurs de France, la durée de vie moyenne d’une canalisation est de 40 à 50 ans.

Le réseau français de canalisations d’eau potable représente plus d’un million de kilomètres. Il est renouvelé à un taux moyen de 0,6 % par an. En moyenne, sur le territoire national, les pertes d’eau en réseau s’élèvent à 30 %, soit plus d’un milliard de mètres cubes d’eau par an. Sur certains réseaux, elles peuvent grimper à 60 %

Mais selon l’ex-Onema, aujourd’hui intégrée à l’Agence française de la biodiversité, il faudrait consacrer au moins 800 millions d’euros pour remettre à neuf les réseaux. Et cette dépense reposerait sur les collectivités, qui sont propriétaires des réseaux. À l’heure de la baisse des dotations et où des charges nouvelles vont naître de la nouvelle compétence Gemapi, bien des maires ne savent pas où ils pourraient trouver l’argent nécessaire à ces investissements.

Télécharger l’étude Harris interactive

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