Nov 07

Paradis fiscaux : l’impérieuse nécessité de la coopération fiscale pour l’Europe

Le journal Le Monde, en partenariat avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et d’autres médias, a dévoilé les résultats d’une nouvelle enquête sur des pratiques massives d’évasion fiscale, rapporte Tout L’Europe. Une belle illustration de l’impérieuse nécessité de la coopération fiscale au plan Européen et international

Le journal Le Monde, « associé au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et à 95 médias partenaires dans le monde », a publié une « enquête internationale sur les paradis fiscaux et le business offshore ». Cette enquête se base sur « une fuite de 13,4 millions de dossiers » qui ont été « obtenus par le journal allemand Süddeutsche Zeitung » [The Guardian].

L’évasion fiscale des entreprises et des grandes fortunes coûterait ainsi, selon Le Monde, « 350 milliards d’euros de pertes fiscales par an aux Etats du monde entier, dont 120 milliards pour l’Union européenne. Le manque à gagner pour la France atteint 20 milliards d’euros par an ».

Les documents publiés proviennent majoritairement du cabinet Appleby, « ‘Rolls-Royce’ de la finance offshore », dont les clients sont « l’élite mondiale des affaires : une population d’ultra-riches et de multinationales prestigieuses » [Le Monde]. Le quotidien rajoute que cette société est paradoxalement « de celles qui sont invitées dans les conférences internationales sur l’offshore responsable et qu’on érige en exemple pour défendre une industrie à la réputation entachée par des scandales à répétition ».

L’enquête explique comment, à partir de « schémas légaux » d’optimisation fiscale, les clients du cabinet Appleby s’affranchissent de « milliers de milliards de dollars » d’impôts [Le Monde]. En Europe notamment, Malte et l’île de Man sont « deux territoires insulaires qui (…) grèvent les recettes fiscales de l’Union européenne (UE) » au travers de « rabais fiscaux et d’autres stratagèmes réglementaires », comme l’explique le quotidien à l’origine des révélations en France. Celui-ci ajoute par ailleurs que « des réglementations de pays européens de premier plan comme l’Irlande et les Pays-Bas (…) n’ont rien à envier aux Bermudes et aux îles Caïmans en termes d’optimisation fiscale » [Le Monde].

Outre des membres de la Maison Blanche, un proche du Premier ministre canadien Justin Trudeau, des multinationales (Nike, Apple…) ou encore des oligarques russes, des personnalités européennes sont aussi épinglées par les « Paradise Papers ». La reine d’Angleterre est ainsi accusée par The Guardian d’avoir personnellement investi des millions de livres « dans un fonds aux îles Caïmans ». Dans un autre article, le journal britannique révèle que le chanteur irlandais Bono a « utilisé une entreprise basée à Malte pour acheter les actions d’un centre commercial d’une petite ville du nord-est » de la Lituanie.

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