Jan 29

L’appel à la grève du 30 janvier dans les EHPAD doit nous interpeller !

L’appel à la grève, lancé par toutes les organisations syndicales sans exception, dans les EHPAD (établissements pour personnes âgées dépendantes) doit nous interpeller. Par ailleurs , la Fédération hospitalière de France « prend acte » de l’appel à la grève et note que « cet état de tension révèle les fortes inquiétudes des personnels de toutes catégories ». L’Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domicile (syndicat d’employeurs du privé non lucratif)) dit « comprendre » l’appel à la grève des syndicats de salariés. La Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées se dit « solidaire ». Les organisations de retraités et France Alzheimer, qui regroupent de nombreuses familles des personnes âgées fragilisées,  soutiennent aussi le mouvement du 30 janvier

Cette unanimité révèle comme le souligne un communiqué de la FHF, « Une situation de tension sans précédent dans les services et établissements médico-sociaux publics »

Chargée il y a peu, d’une mission sur les EHPAD, la députée LREM Monique Iborra avait décrit dans ses conclusions cette situation de « sous-effectifs » et les conditions de travail « particulièrement difficiles », notamment pour les aides-soignantes.

L’Abrogation des dispositions législatives relatives à la réforme de la tarification des EHPAD, contenues dans la loi du 28 décembre 2015 ainsi que le retrait des décrets d’application, fait l’objet d’une pétition de la FHF depuis plusieurs mois ; elle dénonce les premières conséquences d’une réforme tarifaire aux « conséquences néfastes et inéquitables pour les Ehpad publics », décidée par le précédent gouvernement.  La nouvelle tarification va amputer le budget des établissements de près de 200 millions d’euros entraînant des réductions de poste. « 

 La colère a été accrue par les propos maladroits de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, « considérant que les difficultés des Ehpad seraient due à un problème de management et non uniquement à une question de financement ». Ces problèmes de management existent inévitablement dans certains établissements: ils ne doivent pas occulter la baisse des moyens alloués aux établissements publics, qui résulte de la réforme.

L’annonce par la Ministre de la santé d’une rallonge de 50 millions est à l’évidence, insuffisante : : « Cela correspond à 80 euros par résident et par an, soit seulement 3 heures d’accompagnement de plus cette année, bien loin des besoins. »

Ces deux éléments s’ajoutent aux inévitables revendications sur les salaires ou les effectifs.

Ce mouvement unitaire demande   l’application d’un ratio « d’un agent pour un résident, la moyenne étant actuellement de 0,6 » : elle était prévue de 1 dans le plan grand âge de 2006

Les salaires des aides à domicile, selon l’UNA, « sont au plus bas » (972 euros bruts mensuels en moyenne) et que « la pénibilité au travail est au plus haut » au point que 16% des ruptures de CDI sont consécutifs à des licenciements pour inaptitude.

La France a accumulé beaucoup de retard dans l’aide aux personnes âgées par rapport à ses voisins européens.

Les pouvoirs publics doivent enfin engager une vraie discussion sur le financement de la perte d’autonomie, qu’il s’agisse d’un 5ème risque ou d’une prestation autonomie, un « cinquième risque » au sein de la protection sociale, qui serait consacré à l’ensemble des limitations d’autonomie, après la maladie, les accidents du travail, la famille, et les retraites.

Depuis la création de la CNSA en 2005, et la suppression d’un jour férié, le lundi de la pentecôte, tous les Présidents de la République et tous les Premiers Ministres ont fait voter au Parlement des budgets en faveur des Personnes Agées fragilisées présentant les avantages des politiques qu’ils envisageaient. Mais ils ont ensuite détourné une large part des crédits votés, au détriment de la dépendance pour les affecter à d’autres fins ou ont organisé le désengagement des finances publiques au détriment des Personnes Agées fragilisées, comme je l’évoquais ici dès 2009 !

L’AD-PA estime à 4,5 milliards depuis 11 ans, les détournements réalisés sur les crédits de la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie) !  De même, l’AD-PA demande que l’intégralité de la CASA   payée par l’ensemble des retraités aille comme prévu à l’aide aux personnes âgées fragilisées.

La transparence totale sur les crédits destinés à la dépendance est une décision impérative sans laquelle aucun effort financier ne sera accepté par Les Français malgré la croissance des besoins : il faut faire cesser « l’effet vignette » !

Précision Selon des chiffres de la CNSA, de décembre 2017, il existe 6884 EHPAD, dont des EHPAD privés, à but non lucratif (30%) ou non (25%) et des EHPAD publics (2942, soit 43% ), dont 739 sont gérés par des CCAS/CIAS.

Le plan Grand âge  de 2006 

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