Jan 22

Si les équipements en nouvelles technologies progressent, l’exclusion des usages reste forte

Nous avions évoqué ici les usages du numérique ; que peut on dire sur les équipements ?

– 94 % des plus de 12 ans sont équipés d’un téléphone portable selon le Crédoc (données 2017), contre 11 % en 1998.

– 81 % disposent d’un ordinateur et 85 % d’un accès à Internet, contre respectivement 23 et 4 % en 1998.

La France est l’un des pays les mieux équipés au monde.

En réalité, selon le Centre d’Observation de la société, la vitesse d’équipement en téléphone mobile (à partir de 1999) ou de l’accès à Internet (à partir de 2002) est très semblable à celle de la télévision à partir du début des années 1960 (voir graphique), même si le téléphone mobile a démarré beaucoup plus vite les trois premières années. Au bout de huit années (au début des années 1970), l’équipement en téléviseurs a atteint le même niveau que celui en téléphones mobiles au milieu des années 2000. L’accès à Internet suit exactement la même évolution que le petit écran.

L’équipement du foyer en nouvelles technologies évolue. La vidéo et la musique en ligne sont en train de faire disparaître petit à petit  les lecteurs DVD et CD.

Entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, le taux d’équipement en téléphone a diminué de plus de dix points, de 94 à 82 %. Il remonte avec l’essor de la téléphonie via Internet (les « box ») jusqu’au milieu des années 2010. La baisse du prix des forfaits mobiles et l’allongement de leurs durées, conduit à une nouvelle diminution de l’équipement en téléphone fixe depuis 2013, qui devrait se poursuivre.

L’équipement en ordinateur (81 %) et l’accès à Internet via l’ordinateur (autour de 85 %) plafonnent.

L’équipement en tablettes (44 %) et smartphones (73 %) progresse très rapidement, à la même vitesse que le téléphone mobile à ses débuts.

Comme la télévision et le téléphone hier, ces nouvelles technologies transforment les usages, de l’écoute de la musique aux achats en passant par l’accès à l’information ou aux jeux.

La principale fracture face au numérique reste l’âge mais elle s’amenuise vite, les plus âgés s’équipant progressivement. 78 % des 60-69 ans sont équipés d’un micro-ordinateur, deux fois plus qu’en 2006.

Les inégalités d’accès se réduisent aussi entre catégories sociales : les ouvriers ont, par exemple, réduit une grande partie de l’écart avec les cadres supérieurs en matière d’équipement en ordinateurs. De 40 points en 2003, l’écart de taux d’équipement est passé à 17 points (95 % pour les cadres contre 78 % pour les ouvriers) en 2017.

En attendant, les oubliés du numérique restent nombreux. 15 % de la population n’a toujours pas accès à Internet soit environ dix millions de personnes. En dépit des progrès, les plus âgés en demeurent éloignés : 44 % des plus de 70 ans et 25 % des personnes à bas revenus 1 ne sont pas connectées.

Mais comme pour le livre ou la télévision, c’est de plus en plus l’usage qui sépare les populations. 40 % de la population (87 % des plus de 70 ans) n’utilisent pas les réseaux sociaux virtuels (Facebook, Twitter, etc.). Un tiers de la population n’a jamais effectué de démarche administrative en ligne. C’est le cas de 70 % des non-diplômes contre 10 % seulement des diplômés du supérieur.

Une partie de la population, la plus âgée, n’a pas nécessairement besoin d’accéder à une foule de services en ligne et se tient éloignée de ce qui fait le « buzz ».   Au bout de compte, les personnes âgées et celles qui sont peu qualifiées se retrouvent de plus en plus souvent exclues de services (privés mais aussi publics) qui ne deviennent accessibles qu’en ligne. Faire comme si tout le monde était plongé dans cet univers – notamment par les références médiatiques permanentes aux réseaux sociaux – constitue une violence symbolique pour ceux qui n’appartiennent pas à ce « club ». La question de l’égalité devant les services publics est aussi de plus en plus posée.

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