Mai 19

L’Autonomie des universités en France reste à construire

L’Association des universités européennes (EUA)  a récemment publié une étude qui met en évidence les retards de la France sur le plan de l’Autonomie des universités.

Comparant l’autonomie des universités de 29 pays européens, cette étude s’appuie  sur un corpus de trente indicateurs pour élaborer ce diagnostic, que L’EUA regroupe en 4 grands domaines . Pour chaque dimension, l’EUA répartit en effet les pays en quatre groupes : « fort degré » d’autonomie, autonomie « moyenne-élevée », autonomie « moyenne-faible » et autonomie « basse. La situation de la France est stable par rapport à 2010 : la France continue de se situer parmi les derniers du classement, loin derrière le Royaume-Uni, qui figure dans le trio de tête, quelle que soit la dimension étudiée.

En matière d’autonomie organisationnelle, la France arrive à la 20e position et perd des places par rapport à 2009, où elle se situait à la 13e position. Le Royaume-Uni est en tête devant le Danemark et la Finlande.La gouvernance des universités françaises est « fortement régulée par l’État » et que ces dernières « ne peuvent pas pleinement décider de leurs structures académiques ». Avec ce résultat, la France se place, comme en 2010, dans le groupe ayant une autonomie « moyenne-faible ».

Sur l’autonomie financière, la France se situe, encore une fois, dans le groupe ayant une autonomie « moyenne-faible », à la 24e position. Le trio de tête est composé du Luxembourg, de la Lettonie et du Royaume-Uni. L’EUA note que les universités  françaises ont « peu de marge de manœuvre » pour utiliser la dotation de l’État comme elles le souhaitent – 80 % des subventions publiques partent, de fait, dans le paiement de la masse salariale – et que le niveau des droits de scolarité pour les licences et masters est fixé par l’État. À l’inverse, elle met en avant leur capacité à emprunter de l’argent dans certaines conditions et la dévolution de leur patrimoine immobilier pour certaines.

En matière de ressources humaines enfin, la France arrive à la 27e position, ex aequo avec l’Irlande. L’EUA rappelle que le nombre d’emplois d’enseignants-chercheurs titulaires est régulé par l’État, tout comme la grille d’évolution salariale.

Malgré la loi Fioraso en 2013, malgré la réforme du master autorisant les établissements à sélectionner leurs étudiants, en matière d’autonomie des universités, peu a changé pour la France, depuis la première étude de l’EUA sur ce sujet.

Comme le souligne l’étude : « l’autonomie n’entraîne pas de manière automatique de meilleures performances des établissements mais est un prérequis. » Même si les universités doivent définir les «  principes fondamentaux et les conditions dont les universités ont besoin pour mener au mieux leurs missions et leurs tâches » : c’est ce qu’essaie de préciser l’ EUA.

 Dans son  baromètre EducPros 2017,  les personnels rejettent le statu quo en matière d’autonomie des universités : plus de 40 % ne veulent ni renforcer, ni réduire l’autonomie mais la « transformer »…

L’autonomie reste un débat très clivant mais Au final, plus des trois quarts des répondants rejettent le statu quo, preuve que la situation actuelle n’est pas satisfaisante à leurs yeux. Derrière la question de l’autonomie pointe évidemment les questions des moyens, des inégalités territoriales, de la capacité d’initiative au travail…

 Mais «  l’autonomie a permis de mettre en place de meilleures politiques en matière d’enseignement et de recherche. Elle a aussi obligé les universités à avoir une stratégie plus rigoureuse en matière d’ouverture et de fermeture des formations, et à mieux prendre en compte les besoins locaux. »

 

 

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