Juin 01

La moralisation de la vie publique n’est pas la caporalisation de la démocratie ou un obstacle à la liberté

Il est nécessaire aujourd’hui  de  moraliser la vie publique , même si c’est aspect ne sera sans doute pas suffisant pour recréer, à lui seul , la confiance entre les citoyens et leurs élus. Mais moraliser la vie publique cela veut dire quoi ?

  • un contrôle strict de l’usage de l’argent public mis à disposition des parlementaires
  • Faire en sorte que le pouvoir des élus ne soit pas utiliser à des fins personnels
  • Que les moyens publics légitimes attribues aux élus ne soient pas détournés au profit de partis politiques, dont il faut mieux cadrer le financement
  • Que le statut nécessaire des élus soit construit sur le droit commun du point de vue de la protection sociale, des droits au chômage ou De la fiscalité
  • Que le cumul des mandats soit limité par la loi
  • Que soit évité tout conflit d’intérêt en interdisant le cumul d’un mandat de parlementaire avec une activité rémunéré qu’elle soit publique ( au nom de quoi pourrait on rester Professeur d’université en étant député ?) ou privée

Ceci doit se traduire bien sûr, par exemple :

–          Par un travail effectif des collaborateurs rémunérés sur argent public selon les principes du code du travail !

–          Par une suppression de la réserve parlementaire qui même dans la transparence, relève de l’arbitraire des parlementaires; pourquoi tel projet communal aidé? Pourquoi telle association subventionnée?

 La moralisation de la vie publique ne doit toutefois,  ni concerner la morale individuelle qui reste une question personnelle, ni entraver l’exercice de la démocratie , ni atteindre  la liberté de l’élu sans l’exercice de sa mission

Plusieurs questions méritent à cet égard débat :

  • l’embauche de quelqu’un un de  la famille : pourquoi pas si la personne est compétente et si elle fait un travail effectif ? pourquoi pas , si elle est rémunérée selon des règles claires ? Pourquoi interdire ce qui se fait chez l’artisan, chez  l’agriculteur, les commerçants ? imagine-t-on priver un salarié du droit de faire embaucher quelqu’un de sa famille dans l’entreprise ou il travaille ?
  • Les parcours professionnels privés anciens ne doivent pas conduire à empêcher d’être élu ni à réduire l’expression : je n’imagine pas qu’un Médecin ne puisse pas s’exprimer sur les questions de santé ou qu’un agriculteur ne puisse le faire sur les questions agricoles ….
  • Sur les condamnations judiciaire ne faut-il pas rapprocher les règles d’éligibilité des règles en usage pour embaucher des salariés, sauf bien sûr pour des condamnations liées à l’exercice d’un mandat public, qui doivent être plus dures dans ce cas ;

 Il faut un parlement qui soit le plus proche possible de la réalité de notre société ; il ne faut pas que des règles aboutissent à ce qu’il n’y ait plus que des fonctionnaires ou des permanents de partis ou des collaborateurs d’élus.

La moralisation de la vie publique ne doit donc  pas se confondre avec une moralisation de la vie privée, dangereuse pour la liberté, et la transparence de la vie publique ne doit pas devenir  la transparence de la vie privée ; Comme le dit fort bien le Député  René Dosière « La transparence c’est un moyen de mieux faire fonctionner la démocratie quand il s’agit d’argent public, mais la transparence sur la vie privée c’est un régime dictatorial ou moralisateur, enfin c’est l’enfer », et puis «  Dans le plan privé, le jugement c’est quoi ? La morale religieuse, la morale laïque ? Mais on n’en a rien à faire de la morale »,  ajoute le député, appelé parfois le Monsieur Propre de l’assemblée.

La moralisation de la vie publique, c’est aussi le respect de la  présomption d’innocence, qui doit toujours être respectée et faire partie de la déontologie de toute expression publique ou médiatique.

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(1 commentaire)

    • yves guermond on juin 1, 2017 at 11:40
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    Le problème Ferrand n’est pas une question d’infraction à la légalité. Cela on le sait, mais le déballage d’opérations financières, plus ou moins mal comprises par l’opinion (la distribution de parts de SCI, la passation de marchés, etc..) fait un effet déplorable dans l’opinion, et il aurait fallu l’éviter, surtout si on voulait montrer qu’on avait à faire maintenant avec un personnel politique neuf. Si Ferrand avait démissionné IMMEDIATEMENT il serait passé pour une victime de campagnes de presse et ses électeurs auraient eu de la sympathie réelle pour lui et pour l’ensemble du nouveau système politique. Maintenant tout ce patrimoine d’enthousiasme est fortement ébréché, et c’est dommage. Cet entêtement est le signe d’une mauvaise appréciation politique. La politique est fondée sur l’enthousiasme, et non sur la discussion de gros sous. C’est une profonde erreur d’être tombé dans ce piège. Cela va diminuer le potentiel de la REM, et nuire sans fin à l’autorité ministérielle de Ferrand. Bien sur c’est honteux, bien sûr c’est une manoeuvre de déstabilisation, mais dans cette période électorale il fallait couper court. Si on veut être un homme nouveau, il faut être un homme nouveau. Quel dommage de s’être laissé entortillé dans ce piège…

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