Juil 18

Vers un accord de libre-échange entre l’Europe et le Japon ?

« JEFTA » : c’est l’acronyme du futur traité commercial entre l’Union européenne et le Japon. Négocié depuis quatre ans, il franchit aujourd’hui une nouvelle étape, avec l’annonce officielle d’un accord de partenariat économique. L’occasion pour les deux parties de réaffirmer, leur soutien au libre-échange et de contrecarrer les visées protectionnistes du président américain Donald Trump. Mais comme ses prédécesseurs TAFTA et CETA, le projet commercial avec le Japon inquiète…

Négocié depuis mars 2013, le JEFTA (Japan-EU free trade agreement) pèse lourd : « l’UE est le troisième partenaire commercial du Japon, tandis que le Japon (127 millions d’habitants) arrive en sixième position pour le Vieux Continent ».

A terme, il couvrirait « près de 28 % du PIB mondial et 36 % des échanges commerciaux », pour un gain espéré de 0,76 % du PIB européen, estime une « étude indépendante » relayée sur le site de la Commission.

 Selon une source européenne, le texte final couvrira « 99% des échanges bilatéraux ». Côté européen, le secteur agroalimentaire sort « grand vainqueur » des négociations : « zéro droit de douane pour presque tous les produits alimentaires » dans un marché japonais « en pleine expansion ». L’Europe compte bien « en finir avec les tarifs prohibitifs dont doivent s’acquitter ses produits agroalimentaires » (bœuf, fromage, chocolat, vin…) pour entrer dans l’archipel japonais.

 « Les Japonais obtiennent de leur côté un libre accès au marché européen pour leur industrie automobile, mais seulement à l’issue d’une période de transition » qui pourrait atteindre sept ans.

Par ailleurs, « l’accord inclut un engagement clair des deux parties à respecter l’accord de Paris sur le climat, dénoncé par l’Administration Trump ». La date de cette annonce, alors que le traité commercial n’est pas encore finalisé, ne doit évidemment rien au hasard. Européens et Japonais ont en effet « mis les bouchées doubles ces dernières semaines pour parvenir à un accord avant le G20 de Hambourg. Leur objectif : envoyer ‘un signal fort’ en faveur du libre-échange au reste du monde, notamment au président américain Donald Trump, dont la politique protectionniste inquiète ses partenaires » : « Bruxelles et Tokyo s’unissent face à Trump ».

Dès son arrivée au pouvoir en janvier, Trump a retiré son pays du Traité trans-Pacifique (TPP) signé avec 11 pays de la région Asie-Pacifique, dont le Japon. Ce dernier s’est alors recentré sur les négociations avec l’UE, au point d’en faire une priorité.

 Mais les controverses suscitées par l’accord de libre-échange signé par l’Europe et le Canada (CETA) et le partenariat transatlantique (TTIP ou TAFTA) » n’ont pas arrêté ces négociations mais ce long mutisme » de la Commission européenne sur ce projet, inquiète même si la commissaire européenne au Commerce « se défend d’avancer masquée », mais chacun posait des questions par rapport au CETA et au TTIP.

 Les accusations concernant les risques de l’accord pour l’environnement, notamment la pêche à la baleine ou le commerce de bois illégal dont le Japon est coutumier n’ont pas grand sens car accord ou pas ces questions demeurent.

 La question des tribunaux d’arbitrage, qui avait   mobilisé les ONG contre le TTIP et le CETA, reste aujourd’hui « un point de discorde majeur » entre l’Union européenne et le Japon. Les Japonais sont favorables à un « système d’arbitrage classique, à l’instar de ceux que l’on retrouve dans la plupart des accords commerciaux du monde », tandis que les Européens « espèrent les convaincre d’accepter le principe novateur d’un tribunal permanent et aux audiences publiques », à l’image de celui qu’ils vont mettre en place dans le CETA ;

 La rédaction définitive d’un texte commun, dans lequel figure encore des « parenthèses » nécessitera donc encore « plusieurs mois de travail », avec en parallèle la conclusion d’autres accords dans les tuyaux   avec le Mexique et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) et la possible ouverture de discussions, d’ici à la fin de l’année, avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Chili.

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