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Mar 09

Election aux pays bas : droite et extrême droite au coude à coude

13 millions Néerlandais vont aux urnes le 15 mars pour choisir de nouveaux députés. Le parti du Premier ministre sortant  Mark Rutte (droite) et celui du populiste Geert  Wilders sont  au coude à coude à quelques jours  de ces élections l

 Les Pays Bas, un des 6 pays fondateurs de l’Europe, avait comme la France voté contre le traité constitutionnel européen en 2005. Une élection à suivre 5 semaines avant nos présidentielles, et quelques mois avant les élections en Allemagne : le résultat de l’élection néerlandaise pourrait avoir un impact sur les élections françaises, en créant encore un précédent !

En France et au Pays-Bas, l’extrême-droite raconte-t-elle la même histoire, celle d’une Europe désenchantée ? La question semble d’autant plus pertinente que les sondages promettent, à l’heure actuelle, autant de voix aux partis d’extrême droite des deux pays, le PVV (Partij voor de Vrijheid) et le Front national, soit entre 25 % et 30 %. Dans les deux cas, les partis populistes seraient ainsi les premiers partis en nombre de voix.

Une note de la fondation Schuman rappelle que « Les 3 principaux partis néerlandais regroupent 44% des suffrages . Ils rassemblaient 81,8% des voix il y a moins de 20 ans (1989). Les électeurs des Pays-Bas, à l’image d’une grande partie des Européens, font preuve d’une défiance croissante à l’égard de leur personnel politique, et plus largement des institutions de leur pays.

Le premier parti de gauche ne pointe qu’en cinquième place dans les enquêtes d’opinion.Selon ces dernières, les jeunes votent de moins en moins à gauche. Il y a dix ans, 45% d’entre eux donnaient leur voix à l’un des trois partis de gauche et seulement 16% l’an dernier.

Si le parti PVV de  Geert Wilders (extrème droite)  peut obtenir de 30 à 35 députés sur un total de 150 PVV, il  ne devrait pas gouverner pour autant. La plupart des autres partis se sont déjà opposés à l’idée de former un gouvernement avec l’extrême droite, suite à une expérience compliquée pour le gouvernement Rutte entre 2010 et 2012. D’ailleurs Geert Wilders, contrairement à  Le Pen, n’est pas dans une stratégie de conquête du pouvoir. Il refuse la discussion avec d’autres partis et  campe dans une position antisystème . Ses  démêlés avec la justice ne l’affaiblissent pas !

Le PVV a  4 eurodéputés au Parlement européen, contre 24 pour le Front national, et les deux partis se serrent les coudes à Strasbourg. Les 2 partis se retrouvent dans la critique des institutions européennes tout en en profitant largement. Geert Wilders, très proche de  Le Pen   n’hésite pas à tenir des propos franchement racistes, alors que le Front national de   Le Pen est plutôt dans une stratégie de dédiabolisation. Le PVV demande la fermeture des mosquées, des écoles islamiques et des centres qui accueillent les réfugiés, l’interdiction du Coran et du port du foulard dans les administrations, l’arrêt de toute immigration en provenance des pays musulmans. Il propose la mise en place d’un permis de séjour à durée déterminée pour les immigrés.

Sur les questions de socièté, Geert Wilders affiche des positions très libérales, et notamment pro-gay : et sur l’économie, il prône un politique très sociale et ne veut plus sortir de l’euro, tant l’opinion néerlandaise a conscience de la perte économique que cela représenterait, alors que Marine Le Pen envisage de revenir au franc et d’arrimer la monnaie nationale aux autres par un « serpent monétaire

Son adversaire direct , le candidat de droite,Mark Rutte, est pris entre son discours très à droite et une obligation de gouverner avec les partis du centre ou de gauche

 Le système électoral conduit à l’élection de  150 députés , tous les 4 ans au sein de 20 circonscriptions au scrutin de liste à la proportionnelle intégrale (pas de seuil électoral), un système qui favorise la représentation d’un grand nombre de partis.

Les principaux partis aux dernières élections :

–       Le Parti populaire pour la liberté et ladémocratie (VVD), parti libéral créé en 1948 et dirigé par le Premier ministre sortant Mark Rutte, a obtenu 41 sièges ;

–      Le Parti du travail (PvdA), fondé en 1946 et issu du mouvement syndical, est membre du gouvernement sortant. Conduit par Lodewijk Asscher, il a recueilli 38 députés ;

–      Le Parti de la liberté (PVV), parti populiste de droite créé en 2002 par Geert Wilders, a obtenu 15 sièges ;

–      Le Parti socialiste (SP), parti d’extrême gauche emmené par Emile Roemer, a recueilli 15 élus ;

–       L’Appel chrétien-démocrate (CDA), parti de centre-droit né en 1980 de la fusion de 3 partis: le Parti populaire catholique (KVP), le Parti antirévolutionnaire (ARP) et l’Union chrétienne historique (CHU). Dirigé par Sybrand van Haersma Buma, il a obtenu 13 députés ;

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